Maxime Le Forestier, que lisez-vous ?

Maxime Le Forestier, que lisez-vous ?

L’artiste musicien nous parle de ses choix de lecture ; de sa flamme pour Alexandre Dumas à son admiration pour Patrick Rambaud. Rencontre.

En littérature, quelles sont vos principales sources d’inspiration ?

Maxime Le Forestier : Comme mes parents n’avaient pas la télévision, j’ai beaucoup lu pendant mon enfance avec un totem très solide, constitué en partie par deux monstres sacrés de la littérature que sont Victor Hugo et surtout Alexandre Dumas dont l’œuvre littéraire m’a toujours  passionné. En lisant Les Trois Mousquetaires, j’ai découvert aussitôt un style qui m’a immédiatement cueilli et surtout une écriture à la densité romanesque incroyable. Il y a tout chez Dumas : l’aventure, le courage, les chevaux, les combats d’épées et bien sur le panache. Du coup, j’ai rapidement lu d’autres œuvres de l’auteur, comme  notamment Le Vicomte de Bragelonne que j’ai trouvé à l’âge de 11 ans en Bretagne au cours d’un séjour de vacances chez un libraire de Saint-Brieuc, après avoir fait le tour de la ville à la recherche du précieux manuscrit.

Quels sont écrivains qui  vous ont accompagnés au cours de ces dernières années?

MLF : De Joseph Kessel, j’ai tout lu avec une préférence pour Le LionLes Cavaliers et Fortune Carrée. J’ai toujours éprouvé une fascination pour le personnage charismatique et l’écrivain fascinant qu’il était. La première fois que je suis parti au Brésil, j’ai retrouvé Georges Moustaki qui est  arrivé vers  moi avec trois bouquins de Jorge Amado. Il m’a dit : lis ça, tu vas gagner du temps. Amado, c’est un peu le Pagnol de  Salvator de Baia. Je considère que Bahia de tous les saints, par exemple, est un classique de la littérature sud-américaine. Un jour, je suis tombé dans la bibliothèque de mon grand-père maternelle sur Lettre à ma Mère de Paul Léautaud. Même si le bonhomme était d’une grande méchanceté dans ses récits, il faut reconnaitre que c’est un écrivain qui  avait du style et savait écrire. 

Quels sont les romanciers dont vous ne ratez jamais une sortie ? 

MLF : Je suis un fidèle de Patrick Rambaud. Je le lis régulièrement parce que c’est d’abord un copain et en plus, il a un vrai talent d’auteur. Il y a quelques années, on a fréquenté ensemble  les bancs du Lycée Condorcet. Lui, c’est un transformiste de l’écriture. Chez Rambaud, j’ai surtout une préférence pour  ses romans historiques sur les grandes étapes de la vie de Napoléon avec notamment Il Neigeait et son récit sur la  Bataille d’Essling que Bonaparte a toujours considéré comme une victoire. Il y a aussi Le Chat Botté où il arrive à Paris avec des bottes trop grandes. Et bien sur L’Absent où le monarque déchu en exil sur l’ile d’Elbe  se retrouve à gérer ce petit bout de terre  comme il gérait l’Europe. C’est à la fois drôle, piquant et ridicule : il a sa cour, ses grands travaux. Patrick Rambaud est assurément un grand écrivain français. 

Propos recueillis par Philippe Langlest.

 

Paraitre ou ne pas paraitre, Maxime le Forestier

À écouter : Paraître ou ne pas paraître, Maxime Le Forestier, Polydor/Universal Music, 15,99 €

 

Photo : Maxime Le Forestier © Magda Lates

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Illustration : Le journal des Débats, 27 mars 1899 - source : RetroNews-BnF