Christophe Miossec

Christophe Miossec

Le chanteur et musicien nous livre ses secrets de lecture et ses inspirations littéraires. Entretien.

Quel est l'écrivain qui vous a donné envie de vous intéresser à la littérature ?

Miossec. - Si je devais n'en retenir qu'un, ce serait l'écrivain américain Jack Kerouac. C'est lui qui m'a donné envie de me plonger dans la littérature. En plus, Kerouac est breton d'origine du côté de son père. Il l'évoque dans son roman Satori à Paris. Quand j'ai lu pour la première fois Sur la route, je me suis tout de suite attaché aux personnages de Sal Paradise et Dean Moriarty. Le style de Kerouac est dense, intense, sa prose spontanée.

Vos premiers chocs littéraires ?

J'ai vécu ma première grande émotion littéraire avec Le Démon de Hubert Selby Jr., où le personnage Harry White, un jeune Américain à qui tout réussit, est rattrapé par ses pulsions meurtrières. Selby est un grand romancier. Son écriture, très immédiate, est à la fois simple et travaillée, avec un rapport au monde d'une grande justesse. Il y a eu aussi Paul Léautaud, désopilant de méchanceté. Je me suis initié au style littéraire de l'auteur avec Le Fléau, une relation amoureuse mordante et caustique décrite par un écrivain érotomane et paranoïaque. Rien que le titre, ça donne une idée du contenu. J'ai beaucoup apprécié, à une époque, le panache et l'insolence dans les romans de Roger Nimier, notamment dans Les Épées ou Le Hussard bleu.

Vos livres de chevet du moment ?

Limonov, que je trouve très réussi ; Emmanuel Carrère a de vraies propositions littéraires. Il y a quelques jours, j'ai d'acheté Sérotonine de Michel Houellebecq. Je l'ai rencontré avec Extension du domaine de la lutte et, depuis, je suis resté fidèle. Je trouve sa poésie sensationnelle, à la fois ludique et grave, vertigineuse et totalement décomplexée.

À ÉCOUTER

LES RESCAPÉS, Miossec, Columbia/Sony Music., 17,99 E.

Nos livres

« Amazonia », Patrick Deville, éd. du Seuil