Que faire de HEIDEGGER ?

Que faire de HEIDEGGER ?

Le « berger de l'Être » n'était-il qu'un loup avançant masqué ? Martin Heidegger, grand commandeur de la philosophie du XXe siècle, a-t-il été nazi de bout en bout, et, si c'est le cas, jusqu'à quel point cette adhésion a-t-elle été le mobile de sa pensée ? Ces questions, loin d'être minces, sont devenues brûlantes ces derniers temps. Ce n'est certes pas la première fois qu'on se retrouve devant ce genre de tourment, mêlant admiration et dégoût, dès lors qu'un grand penseur ou créateur se révèle personnellement engagé dans des idéologies ou des obsessions délétères. On pense vite, par exemple, à Céline. Les deux cas ne sont toutefois pas comparables. La fascination de l'abject, la « nausée », comme l'écrivait Jean-Pierre Richard, fait partie de l'écriture célinienne, la furie antisémite de l'homme ne permettant par ailleurs aucun doute et ayant été couchée sur le papier sans ambiguïté.

La configuration, concernant Heidegger, est tout autre. Il était public et notoire que le ...

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