Quand les murs prévalent sur les ponts

Quand les murs prévalent sur les ponts

Quand un pont s'effondre, en l'occurrence celui de Gênes, c'est aussi une part d'humanité qui se perd. On ne pouvait ressentir qu'une grande douleur devant cet enchevêtrement de béton, de ferraille et de corps ensevelis. Mais comment ne pas percevoir aussi la portée symbolique de cet affaissement au moment où l'Italie qu'on aime se recroqueville, se rétrécit, se referme sur elle-même, à l'instant où sa langue enchantée, une des plus belles du monde, celle d'Italo Calvino, d'Alberto Moravia, d'Umberto Eco, d'Alessandro Baricco, retrouve des accents de nuit qu'on voulait révolus ?

Ce pont effondré à Gênes, ce n'est pas un simple accident, la conséquence d'une impéritie et d'une corruption endémique, mais la tragédie symptomatique d'une époque où, plutôt que de construire et de renforcer des ouvrages d'art qui permettent la cir culation des hommes et des idées, on élève des murs pour censément se protéger des barbares, se protéger de l'autre, ressenti comme menace d'une prospéri ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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