Quand la vie devient un mauvais sketch en Israël

Quand la vie devient un mauvais sketch en Israël

Un humoriste israélien entre en scène et se lance dans un numéro sardonique. Remontant l'histoire personnelle du comique amer, David Grossman laisse affleurer le désespoir de tout un pan de son pays.

« Que fais-tu de tes morts ? » : la question, chez David Grossman, est toujours brûlante et dangereuse et, sous des formes diverses, irradie toute son oeuvre romanesque. Elle dicte le comportement des personnages, jusqu'à la forme de chacun des livres, ainsi de Voir ci-dessous : amour, son premier roman, où la Shoah, tel un animal sauvage - ou une centrale nucléaire en fusion -, forçait la narration à jouer le rôle du dompteur - ou celui d'une équipe de nettoyeurs -, approchant son objet avant de reculer puis de revenir par un autre angle pour tenter d'attaquer le monstre sans jamais l'atteindre au coeur. Parfois ce sont les vivants qui sont morts, mais sans le savoir, comme dans Le Livre de la grammaire intérieure, où, à la veille de la guerre des Six Jours, l'adolescent Aharon Kleinfeld refuse soudain de grandir pour mieux faire le deuil d'une réalité adulte faite de laideur, de destruction et de violence, qui s'apparente aux Enfers. Parfois c'est l'inverse, il a ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé