Quand la littérature s'éteindra

Quand la littérature s'éteindra

On connaît la rengaine répétée d'essai en essai depuis quelques années : la Littérature est morte. D'innombrables publications ont dit la désacralisation des écrivains et de la littérature, et l'on n'a cessé de célébrer une interminable cérémonie des adieux.

On peut une fois encore énumérer la litanie des titres qui ont dressé le tombeau de la littérature : La Littérature en péril de Tzvetan Todorov, Désenchantement de la littérature de Richard Millet, Contre Saint-Proust ou la Fin de la littérature de Dominique Maingueneau, ou encore Le Crépuscule de la culture française de Jean-Marie Domenach. Il y a là sans doute quelque chose comme un genre littéraire codifié, qui mêle le désir de lucidité au goût de la déploration. Ce genre puise à une longue tradition pamphlétaire dénonçant la décadence dans les lettres, à travers une tonalité parfois volontiers réactionnaire.

C'était cet accent crépusculaire des discours de la fin que Dominique Viart et moi voulions interroger dans deux volumes intitulés Fins de la littérature (1). Il s'agissait de mettre en évidence que, d'un essai à l'autre, ces discours se contredisent - fin d'une culture lettrée, menaces du numérique, fin de ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Grand entretien

Jean Starobinski (© Gallimard)

Jean Starobinski
Hommage à ce grand théoricien de la littérature

Sondage IPSOS