Quand Anouilh trahit Sophocle

Quand Anouilh trahit Sophocle

La pièce de 1942 a contribué à populariser la figure d'Antigone, en la vidant de son potentiel subversif. Le mythe grec en version petite-bourgoise.

en 1942, Jean Anouilh hésite avant de présenter Antigone à la censure, car, écrit-il au metteur en scène André Barsacq, elle contient des « phrases dangereuses ». Il faut attendre février 1944 pour qu'elle soit représentée à l'Atelier. À de rares exceptions près (Roland Purnal, dans Comoedia, la juge « insupportable »), les critiques, et notamment les plus engagés dans la Collaboration, ont applaudi le spectacle. Les éloges d'Alain Laubreaux (Le Petit Parisien, Je suis partout), Georges Pelorson (Révolution nationale), Jean-Michel Renaitour (L'Œuvre), Georges Oltramare (Aspects), André Castelot (La Gerbe), Robert Brasillach (Chronique de Paris), qui, quelques mois plus tard, allaient figurer sur les listes noires du Comité national des écrivains, auraient pu la desservir. Le premier écrit ainsi : « Antigone, petite déesse de l'anarchie, en se dressant contre la loi de Créon, ne sera plus seulement le dr ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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