Proust 1913 de Laurent Nunez*

Proust 1913 de Laurent Nunez*

Janvier 1913

Le retour d'Agostinelli

Une porte s'ouvre, au 102, boulevard Haussmann, dans un appartement sombre et mal chauffé - et voici Marcel Proust qui entre dans le récit. Longtemps, il s'est couché de bonne heure. À présent, il écrit toutes les nuits, dormant le jour, lui, l'étrange humain qui vit les volets clos. Nous sommes en janvier 1913, l'écrivain se frotte les mains, parce qu'il a froid, parce qu'il est satisfait : la première version de son roman est achevée. (Du moins le croit-il.) À la recherche du temps perdu : l'oeuvre n'a pas encore ce titre - Proust préfère Les Intermittences du coeur -, mais c'est déjà l'élan qu'il donne à tous ses actes. Après tout, pourquoi est-il venu habiter cet appartement plus noir qu'une caverne, et bruyant - si bruyant que Proust a dû recouvrir de liège les murs de sa chambre ? Pourquoi a-t-il décidé de vivre dans ce que ses amis appellent une grotte, dans ce refuge si différent du bel appartement de la rue de Cour ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé