Principe d'irréalité

Principe d'irréalité

Rien n'arrête plus les chimères de l'amour lorsque, numérique oblige, le réel ne vient plus le contredire.

De Camille Laurens (Celle que vous croyez) à Sandra Lucbert (La Toile), les amours numériques ont fait leur entrée en littérature avec fracas. Amours distantes, potentiellement clandestines, amours textuelles et éminemment littéraires : c'est bien leur pouvoir de séduction et leur excitation particulière, leur aptitude à la déception et à la tromperie, qui sont au centre du roman de Stéphanie Dupays. « À coup sûr Roland Barthes aurait fait une mythologie du smartphone », se dit l'héroïne, une jeune maître de conférences qui s'éprend d'un homme qu'elle ne connaît que par leurs échanges par textos. Leurs liens se tissent avec humour et allégresse, mais, alors que la grâce opère, l'homme reste désespérément invisible, situation familière du désir stimulé par le manque, qui trouve à l'heure des relations numériques à distance une puissante actualité.

Avec les SMS qui rendent l'autre présent au quotidien dans son absence même, rien n'arrête plus les ch ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

S'abonner au magazine

S'abonner au magazine