Précis de bestialité

Précis de bestialité

Déployant un univers de marginaux tour à tour violents et hébétés, l'auteur bordelais s'impose comme l'une des meilleures plumes du roman noir français. Tranchant dans un épais magma de pulsions, son écriture est d'une remarquable finesse.

Franck sort de prison où il purgeait une peine à la place de son frère Fabien. Une Jessica peu vêtue vient le chercher. Elle explique à Franck que Fabien est retenu pour affaires. L'emmène dans sa famille en attendant son retour. Et quelle famille : un père ferrailleur, mécano et trafiquant, une mère alcoolique, un molosse pour tenir les inconnus à distance. Et une enfant, Rachel, fille mutique de Jessica, qui a dû voir bien des choses pas de son âge. Ce petit monde vit, isolé, du côté de Saint-Symphorien. Et il sera pour Franck l'antichambre d'un monde plus vaste et effrayant, peuplé de dealers serbes, d'un Gitan aux yeux dorés qui prononce ses menaces d'une voix douce, d'un culturiste... Un univers de marginaux réduits à leurs instincts - les chiens - ou à leur capacité à s'entredévorer - les loups.

Franck, avec sa naïveté, ses souvenirs de tôle et son désespoir, arrive juste au bon moment : celui de la curée. Viol entre partenaires commerciaux. Vendetta mal préparée. Expéd ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard