Pour une stupidité lucide

Pour une stupidité lucide

l'homme sage doit feindre d'être idiot

L'un des grands problèmes d'aujourd'hui est que l'intelligentsia - un mot russe désignant la classe sociale formée par les gens les plus préparés intellectuellement - est fatiguée. Il y a des décennies que l'élite de la pensée constate que tous ses propos et agissements ne s'adressent qu'à un nombre très réduit d'étudiants, d'électeurs ou à une très faible partie de l'opinion publique. Des auteurs du siècle dernier comme Musil, Broch, Valéry, écrivains d'une grande exigence intellectuelle et d'une intelligence extrêmement puissante, étaient déjà on ne peut plus minoritaires. Ils en étaient eux-mêmes conscients et savaient que leur destinée - expliquer les choses qu'ils avaient pressenties ou comprises et que les autres ne comprenaient pas ou ne voulaient pas voir - était inutile parce que ceux-ci ne s'y intéressaient pas, ne la comprenaient pas ou ne voulaient rien savoir.

Le panorama est tel qu'une partie de l'intelligentsia actuelle s'est tue parce qu'elle pense qu'il n'y a ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon