Pour l'amour de Lacan

Pour l'amour de Lacan

S'envoyant des piques sous forme de conflit postal, les deux maîtres de l'interprétation étaient animés par la même passion : celui du jeu avec les mots.

Partons de cette hypothèse : Jacques Derrida et Jacques Lacan ne se seraient jamais beaucoup aimés. L'histoire de leurs relations silence, distance, rivalité ombrageuse a été plus d'une fois racontée par Derrida lui-même. Gardons-nous toutefois d'une interprétation trop pressée qui inviterait à renvoyer leur différend à une supposée lutte des doubles, une rivalité mimétique à la René Girard, de la part de deux grands maîtres de l'interprétation suscitant en France et au-delà une foule captivée de disciples. Certes, à la fascination du psychanalyste Lacan pour la philosophie, répondait en miroir l'intérêt passionné du philosophe Derrida pour la psychanalyse, à tel point que René Major posa judicieusement la question : « Existe-t-il une psychanalyse derridienne 1 ? », tandis que Derrida lui-même soulignait que Lacan était « un philosophe tellement plus averti que Freud, tellement plus philosophe 2 ». Plus qu'un simple empiètement de territoire, il faut d'abord y voir le symptôme de l' ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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