Pour en finir avec le colonialisme

Pour en finir avec le colonialisme

Sincèrement anticolonialiste, Camus ne s'est pas prononcé pour une indépendance immédiate de l'Algérie. Il a défendu une émancipation progressive, mais trop tard.

Sur cette terre sont réunis un million de Français établis depuis un siècle, des millions de musulmans, Arabes et Berbères, installés depuis des siècles, plusieurs communautés religieuses, fortes et vivantes. » Qui pourrait de nos jours contester cette analyse que Camus, en 1956, faisait de l'Algérie de son temps, ni la perspective qu'il lui traçait encore : « Ces hommes doivent vivre ensemble, à ce carrefour de routes et de races où l'histoire les a placés. Nos différences devraient alors nous aider au lieu de nous opposer. » Comment ne pas comprendre aussi qu'à cette fin il veuille tout à la fois « rendre toute justice au peuple arabe d'Algérie, le libérer du système colonial » et « ne rien céder sur les droits des Français d'Algérie » ?

Une exécration de tous les « nationalismes », qui sans doute chez lui distinguait mal celui des puissants et l'aspiration à la libération des peuples dominés, l'a cependant amené à sous-estimer la montée du sentiment identitaire dans la ma ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.