Une femme de tête

Une femme de tête

Adorée par un « père-mère », Elisabeth Badinter lui résistera et se lance dans des études philosophiques plutôt que de rallier Publicis. Elle n'a depuis jamais oublié le conseil de son père, qui l'a malgré lui aidée à ne pas l'écouter : « Ne te laisse jamais faire par personne. »

Surprise, Élisabeth Badinter se penche vers la photo en noir et blanc qui lui est tendue : trois jeunes patineuses entourent un homme au visage rayonnant. Élisabeth et ses soeurs avec leur père, Marcel Bleustein-Blanchet, le tycoon de la publicité, sur les pistes de Megève au milieu des années 1950. « Un père-mère », dit-elle en souriant de cet homme qui se promenait alors avec trois petits cardigans sur l'avant-bras. De la fenêtre ouverte sur les cimes du jardin du Luxembourg, on aperçoit la coupole du Panthéon. Elle a installé sa famille rue Guynemer - héros cher à son père -, dans un appartement acheté à l'helléniste Jacqueline de Romilly, belle figure du savoir. Elle qui a grandi dans le style Rothschild cher au décorateur Henri Samuel passe ses journées dans un grenier où elle stocke ses archives féministes. Pareille à son amie Anne Sinclair, Élisabeth Badinter a bénéficié d'un père en adoration. Lève-tôt comme Marcel, la fillette le rejoignait à l'aube, et dans sa cha ...

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