Gentleman dépeceur

Gentleman dépeceur

Depuis une trentaine d'années, l'élégant et glaçant Régis Jauffret scrute sans ciller le buffet froid de l'humanité : son dernier roman en date s'intitule Cannibales. Amateur de faits divers, il saura bientôt si sa Ballade de Rikers Island, inspirée - et judiciairement entravée - par DSK, pourra de nouveau être en librairie. Par Marie-Dominique Lelièvre

Qui va dévorer l'autre ? L'écrivain ou son personnage ? Régis Jauffret ou Dominique Strauss-Kahn ? Le tribunal tranchera dans quelques jours. L'été dernier, la 17e chambre correctionnelle interdisait toute nouvelle diffusion, édition et commercialisation de La Ballade de Rikers Island, le roman de Régis Jauffret. Épaulé par trois ténors à gros honoraires (Henri Leclerc, Jean Veil et Richard Malka), DSK remportait le premier round. L'écrivain a fait appel.

La Ballade de Rikers Island s'inspire de l'affaire Strauss-Kahn : en 2011, à New York, une employée de l'hôtel Sofitel accuse le patron du Fonds monétaire international d'agression sexuelle. Les poursuites sont abandonnées après une transaction financière. Intégrant des éléments virtuels au monde réel, Régis Jauffret présente son ouvrage, publié en 2015, comme un exercice de « réalité augmentée ». Dans un récit ambigu à l'écriture sèche, il brouille les pistes en mêlant vrai et faux, tout en reven ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard