Portrait du lecteur en héron

Portrait du lecteur en héron

Fidèle à sa manière, l'écrivain hongrois fait déferlerun torrent de mots à travers dix-sept récits ou tableaux, entre recueil de nouvelles et roman crypté.

l'auteur de Seiobo est descendue sur terre me disait que, quand on lui demande pourquoi il évite le point final, sa réponse préférée est la suivante : « Le point, il n'y a que Dieu qui puisse le mettre. » Et il ajoutait, un peu énigmatique : « Après, qu'il y ait un point ou non, c'est égal. »

Dans un saisissant passage de son premier roman publié en 1985, Tango de Satan, László Krasznahorkai, pour transcrire les rêves des villageois endormis à l'intérieur d'une vaste demeure inhabitée, renonçait non seulement aux points et aux virgules, mais même à quelques blancs entre les mots : « Mme Schmidt étaitunoiseau elle volait joyeusement sur la crête desnuages ». Ces songes qui s'élèvent, telle une vapeur entêtante, au-dessus de la petite collectivité qui dort, l'auteur les note en s'approchant ainsi de l'antique pratique de la scriptio continua, celle des rouleaux manuscrits où les textes - ceux de Platon, par exemple - étaient écrits sans aucun ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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