Port-Royal, soleil noir du Grand Siècle

Port-Royal, soleil noir du Grand Siècle

Le rigorisme de l'abbaye a nourri une intense production intellectuelle, mais aussi une résistance paradoxale au pouvoir monarchique, parfois considérée comme prérévolutionnaire.

Il n'y a pas de tableau du xviie siècle qui puisse ignorer Port-Royal. Ce monastère cistercien installé à une douzaine de kilomètres de Versailles mène une existence presque entièrement obscure de sa fondation en 1204 au mois de mars 1608, quand son abbesse entend la prédication d'un capucin sur l'Incarnation du fils de Dieu et Son humiliation. La mère Angélique Arnauld est alors une jeune femme de 17 ans. Elle a été nommée coadjutrice de l'abbaye en 1599, sans vocation pour la vie religieuse et de façon irrégulière, n'ayant que 7 ans. Mais, soudain, la grâce de Dieu lui est révélée. Elle décide de réformer sa maison. Elle convainc la quinzaine de moniales placées sous son autorité. Pauvreté, absolue communauté des biens, clôture, stricte abstinence : une à une les prescriptions de la règle de saint Benoît sont rétablies et appliquées dans l'esprit de l'étroite observance. Le 7 mai 1610, la mère Angélique renouvelle ses voeux et devient abbesse légitime de Port-Royal : quatre jours ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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