Poétique de l'insurrection

Poétique de l'insurrection

Certains ne voient en Debord qu'un grand styliste. C'est oublier que la révolution comme la servitude sont d'abord une affaire de langage.

en ce moment, beaucoup s'essaient à relativiser l'importance de Guy Debord. On prétend que son influence sur Mai 68 a été nulle, qu'avec les membres de l'Internationale situationniste il n'a rien fait d'autre que palabrer dans l'incurie théorique, et que son oeuvre relève finalement moins de la contestation que d'un réarrangement du grand style mélancolique français. Ceux qui jouent ainsi les blasés ont évidemment intérêt à minorer l'ampleur d'une telle aventure : eux ont toujours suivi les consignes de la société, laquelle rétribue scrupuleusement la servilité. Dès lors, n'est-il pas logique que, n'ayant jamais désiré occuper aucune place, Debord soit pris pour le plus grand des ennemis par ceux qui ont toujours veillé à obtenir les meilleures ?

Or c'est précisément pour la qualité de son refus que je continue à l'aimer ; à penser grâce à lui. Qui d'autre, en effet, pour défier aussi radicalement les conditions de la « fausse vie » dans laquelle la société du specta ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

S'abonner au magazine

S'abonner au magazine