Poétique de l'insurrection

Poétique de l'insurrection

Certains ne voient en Debord qu'un grand styliste. C'est oublier que la révolution comme la servitude sont d'abord une affaire de langage.

en ce moment, beaucoup s'essaient à relativiser l'importance de Guy Debord. On prétend que son influence sur Mai 68 a été nulle, qu'avec les membres de l'Internationale situationniste il n'a rien fait d'autre que palabrer dans l'incurie théorique, et que son oeuvre relève finalement moins de la contestation que d'un réarrangement du grand style mélancolique français. Ceux qui jouent ainsi les blasés ont évidemment intérêt à minorer l'ampleur d'une telle aventure : eux ont toujours suivi les consignes de la société, laquelle rétribue scrupuleusement la servilité. Dès lors, n'est-il pas logique que, n'ayant jamais désiré occuper aucune place, Debord soit pris pour le plus grand des ennemis par ceux qui ont toujours veillé à obtenir les meilleures ?

Or c'est précisément pour la qualité de son refus que je continue à l'aimer ; à penser grâce à lui. Qui d'autre, en effet, pour défier aussi radicalement les conditions de la « fausse vie » dans laquelle la société du specta ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

Offrez un abonnement au Nouveau Magazine littéraire

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon