Plaidoyer pour l'aventure

Plaidoyer pour l'aventure

Il y a un an, Dominique Fernandez consacrait un livre poignant à son père, Ramon 1894-1944, brillant écrivain qui se perdit dans la collaboration et l'autodestruction. Nous publions un article de La NRF où il clamait avec fougue, en 1941, son admiration pour Dumas.

Un aimable professeur, Gendarme de Bévotte, lorsqu'il voulait défendre le théâtre de Hugo devant les lycéens déjà rétifs et symbolistes de seconde, disait : « Oui, ce n'est guère que du mouvement, de la vie physique, mais après tout, messieurs, mon corps existe ! »

Cette exclamation m'est souvent revenue au cours d'années déjà longues de lecteur et de critique. Et non sans nostalgie. Car on dira tout ce qu'on voudra de nos lettres contemporaines, mais on n'en pourra dire que le corps y existe beaucoup. Gardons-nous ici d'une équivoque. Nous avons eu, nous avons encore, nous aurons sans doute une littérature sportive, et donc, sous un certain angle, une littérature du corps ; mais d'un côté, le sport est le contraire de l'aventure ; de l'autre, nos écrivains sportifs n'en ont rien tiré qui ressemblât, de près ou de loin, à ce que souhaitait mon professeur.

L'aventure, c'est ce qui arrive, le plus souvent, d'inattendu. C'est la précipitation du présent vers l'avenir qui ...

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Grand entretien

Jean Starobinski (© Gallimard)

Jean Starobinski
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