Pierre Michon

Pierre Michon

Au départ, les Vies minuscules ont eu un succès très bénin. La première année j'ai vendu exactement 1918 exemplaires, un chiffre historique, et presque victorieux, mais enfin pas très brillant... Vraiment pas de quoi parader. D'ailleurs, ça ne s'est pas arrangé très vite : j'ai pleuré pendant quatre ans. J'avais fini par faire le deuil de ce truc : je me disais, j'ai mis là le meilleur de moi-même et c'est un coup d'épée dans l'eau, tant pis ! Je pense qu'il y a plein d'écrivains qui portent le deuil, comme ça, d'un premier livre qui est resté inaperçu et dont l'insuccès suffit à les dissuader de continuer. Moi, j'avais foi en ce livre, j'y croyais d'une croyance existentielle, j'avais absolument besoin d'y croire, et puis j'ai eu de la chance après coup : il a fini par trouver son public.

Cette certitude existentielle de la valeur du livre, une fois qu'il est écrit, est-elle de même nature que la certitude qui accompagne les moments d'écritur ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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