Pierre de Régnier, bambocheur de génie

Pierre de Régnier, bambocheur de génie

Tout au long des années 1930, Pierre de Régnier a chroniqué dans la presse les folies des nuits parisiennes. Ses articles, aujourd'hui rassemblés dans un recueil, forment le portrait d'une époque doucement champagnisée puis cuitée, au bord de l'abîme.

J'allais écrire, pour commencer cet article, que Pierre de Régnier (1898-1943) était beaucoup moins connu que son père, l'écrivain et académicien Henri de Régnier (1864-1936), mais cette phrase aurait été deux fois fausse. Première inexactitude : Henri de Régnier n'est pas plus connu que son fils. Plus exactement, il ne l'est plus, même s'il fut à la fin du XIXe siècle une idole de la poésie symboliste et qu'il mena par la suite une brillante carrière de romancier. On ne le lit plus aujourd'hui, malgré les efforts de quelques admirateurs tardifs, dont l'auteur de ces lignes, pour le remettre dans la lumière. Deuxième inexactitude : en vérité, Pierre de Régnier n'était pas le fils biologique d'Henri de Régnier. Sa mère, la somptueuse Marie de Heredia, fille du poète parnassien José Maria de Heredia, l'avait conçu lors d'une tromperie avec Pierre Louÿs, l'un de ses nombreux amants. Taquine, voire cruelle, elle avait choisi elle-même le prénom du bébé d'après celui de son père officieu ...

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