Pierre bonnard : les ombres au tableau

Pierre bonnard : les ombres au tableau

L'immense coloriste, qui fait l'objet d'une exposition, a étrangement suscité une littérature peu abondante. L'apparente quiétude de ses toiles parut sans doute aussi admirable qu'inactuelle, loin des empoignades avant-gardistes. C'était méconnaître sa profonde mélancolie.

Répondant à l'exposition que le musée d'Orsay consacre à Pierre Bonnard (1867-1947), les éditions Hazan sortent d'un coup quatre livres sur ce peintre dont l'oeuvre, assez régulièrement présentée au public, n'a jamais inspiré par ailleurs une littérature abondante. Les tableaux semblent en effet se suffire à eux-mêmes. À l'opposé des mystifiantes énigmes que Duchamp secrétait au compte-gouttes, la peinture sensible de Bonnard se passe aisément d'exégèse. Suscitant aussi peu la spéculation que la contradiction, elle se laisse admirer sans prêter flanc au débat. Serait-ce un défaut ? Sans doute aux yeux d'une époque où la valeur se juge à l'ampleur du brouhaha médiatique provoqué.

Dans un essai essentiel, dont le style restitue à merveille la manière même de l'artiste, Jean Clair rappelle en guise de parallèle qu'on accolait volontiers au nom de Chardin « le bonhomme », « expression dont la familiarité un peu vulgaire semble vouloir conjurer l'espèce de méfiance curieuse avec l ...

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