Piège au prétoire

Piège au prétoire

Pour la première fois paraît la retranscription intégrale du procès qui provoqua la chute de l'écrivain.

Printemps 1895 : Oscar Wilde porte plainte pour diffamation contre le marquis de Queensberry, le père de son amant Alfred Douglas. Queensberry, brute extravagante, fâché à mort avec son fils, est décidé à rompre l'union de Wilde avec son rejeton et à faire scandale de l'homosexualité de l'écrivain. Dernier esclandre en date : il laisse au portier du club de Wilde une carte portant cette phrase : « À Oscar Wilde qui pose au somdomite (sic). » L'écrivain décide de l'attaquer en justice. Le procès vire au désastre : Queensberry est déclaré « non coupable », ce qui induisait que Wilde était bel et bien un « somdomite ». Il est poursuivi puis condamné, au terme de deux autres procès, aux travaux forcés.

Pour la première fois paraît en français, au Livre de poche, la retranscription du premier procès. Le document s'apparente à une pièce de théâtre. Wilde commence par faire le spectacle, mais est de plus en plus débordé par le redoutable avocat de Queensberry, Edward Carson, ancien condisciple de l'écrivain à Trinity College. L'avocat multiplie les détails compromettants sur Wilde, qui finit par se trahir. Niant avoir embrassé un domestique de Douglas, il répond : « Oh non, jamais, jamais ! C'était un garçon singulièrement quelconque. » Ces minutes donnent à entendre une joute sans merci entre création et convenances sociales. Les extraits que nous publions (avec l'aimable autorisation de Merlin Holland) peuvent évoquer les absurdités comiques de La Cantatrice chauve, mais mèneront l'écrivain au bagne.

Les extraits

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