Philippe Claudel, Les Âmes grises

Philippe Claudel, Les Âmes grises

Sombre, ce roman. Tout écrasé de fatalité. De celle qui broie les innocents. Sombre et englué dans le malheur comme les personnages le sont dans la terre lourde et grasse du grand Est qui lui sert de décor, et dans le temps lointain de la Grande Guerre. L'impossible oubli de la guerre rejoint la quête du narrateur, un policier chargé d'élucider le meurtre d'une gamine. Il s'obstine pendant des années parce qu'il ne lui reste rien que ce secret à percer, comme s'il espérait percer dans le même temps celui des hommes, ces mécaniques étranges qu'il a vues s'affairer de toutes les façons sans jamais livrer la moindre vérité. Alors il écrit. Pour se maintenir en vie. Dire sa vérité. Cet homme a de la pureté, de la candeur et une noirceur cachée : sinon pourquoi s'intéresserait-il à la mort de cette enfant quand la mitraille fauche des innocents par dizaines ?

On retrouve ici tout ce qui a fait les grands romans de Philippe Claudel : le ciel bas, l'eau grise, le malheur qui hante, ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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