Petite histoire de la fureur de nuire

Petite histoire de la fureur de nuire

Coïncidant avec les périodes de fièvre sociale, charges et libelles désacralisent les pouvoirs, prouvent que les motspeuvent tuer, mais aussi, a contrario, canaliser la violence.

un écrit tout plein de poison ». C'est ainsi que Paul-Louis Courier qualifie le pamphlet, dans son fameux Pamphlet des pamphlets (1824). Le terme, encore récent, reste alors mal défini : d'abord synonyme de brochure, il n'a acquis que progressivement le sens de texte, au ton véhément, attaquant quelqu'un ou quelque chose. Si, à l'époque, le mot est encore peu usité, la réalité qu'il désigne semble pourtant bien ancienne. Courier en voit d'ailleurs les origines dans les modèles rhétoriques des Anciens, à la manière des Philippiques de Démosthène ou de la canina eloquentia de Cicéron.

Même si le pamphlet demeure longtemps une « arme sans nom » (La Fureur de nuire, Olivier Ferret, 2007), l'histoire est ponctuée d'épisodes de déferlement pamphlétaire. En effet, bien que certains auteurs endossent la posture pamphlétaire de manière relativement isolée, à l'instar du poète Rutebeuf qui pourfend les ordres mendiants dès le XIIIe siècle, ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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