Peau douce, gros bras

Peau douce, gros bras

Fiez-vous aux apparences, pour une fois. Voyez ce visage, sur la jaquette de couverture, sa moitié aguicheuse, trop maquillée, si bien maquillée : les doigts gantés de résille frôlent la joue comme les pattes d'une araignée, un gros rubis rose à l'annulaire, plus pâle que les lèvres serties de noir, une mouche en forme de coeur sur la saillie de la pommette, l'oeil métallisé sous la parenthèse du sourcil à l'encre noire, l'iris cerclé vert d'eau, de la couleur du titre : Chéri-Chéri. C'est Denise. Méfiez-vous des apparences, l'autre moitié se trouve dans le rabat, il faut le déplier : demi-visage d'un jeune homme légèrement poudré, le sourcil épilé, la barbe rare à fleur de peau, les lèvres nues, épaule pâle en pente douce, c'est Denis. Il suffit de lisser le papier du gras du pouce et, la jaquette grande ouverte, se déploie la figure entière de Denis-Denise, et toute l'histoire qui, comme dans chaque roman de Philippe Djian, s'arrime à la première phrase pour n'en plus déc ...

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Entretien

Michel Winock © Ed. Perrin

Michel Winock : « Il ne faut pas enterrer la gauche trop vite »

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