Paul Edel

Paul Edel

2 mai 2015. Claude Simon, les cigarillos et Sartre

En 1969, j'habitais la rue du Puits-de-l'Ermite, dans le 5e arrondissement. Cette rue mène de la place Monge à un jardin public, face à la grande mosquée de Paris. J'allais régulièrement prendre le matin un café au café-tabac Le Monge, et plusieurs fois je vis le même manège : Claude Simon arrivait d'un pas souple au café et achetait une boîte de cigarillos. Il portait souvent un blouson de daim et un pantalon clair. Mais ce qui me frappait - outre le bleu si clair de ses yeux -, c'est qu'en sortant du Monge, en allumant son cigare, il s'attardait à examiner le caniveau qui souvent, à cette heure-là, vers 9 heures, était rempli d'un filet d'eau claire qui entraînait dans la pente de la rue parfois un paquet de cigarettes, des boules de papier, des tickets de métro ou des mégots.

J'étais déjà à l'époque très admiratif devant cet écrivain, qui avait écrit La Route des Flandres et qui avait osé répondre à Sartre, en 1964, lorsque celui-ci avait déclaré dans Le Monde ...

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