Pascal, la stratégie du rideau de fumée

Pascal, la stratégie du rideau de fumée

Le romantisme a fait de Pascal un sceptique tourmenté. Il s'agit toutefois d'une ruse chez l'écrivain, qui désoriente le lecteur pour mieux le convertir.

Barbey d'Aurevilly saluait en Pascal le « Hamlet du catholicisme », et Baudelaire - célébrant à sa façon le bicentenaire de la mort d'un écrivain qui le fascinait - écrit son fameux sonnet « Pascal avait son gouffre avec lui se mouvant » 1862. En 1910, encore, Barrès publie L'Angoisse de Pascal. D'où vient cette interprétation des Pensées comme la confidence d'un penseur rongé lui-même par le doute - qui aurait bien surpris ses amis de Port-Royal -, que n'avait guère perçue le xviiie siècle - d'ailleurs plus épris du comique des Provinciales que du clair-obscur des Pensées - et qu'à peu près plus personne ne se risquerait à soutenir aujourd'hui ?

Il s'agit là d'une construction romantique. Le xixe siècle a vu se succéder une douzaine d'études qui presque toutes reprenaient le titre d'un article de Victor Cousin dans la Revue des Deux Mondes 1844-1845, « Du scepticisme de Pascal ». La position de Victor Cousin, énoncée dès 1842 à l'Académie française à l'issue de son fameux ra ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.