Pas de point, pas d'ancre

Pas de point, pas d'ancre

Je suis le texte, son sillage étincelle l'étendue infinie de ma page obscure, nous filons à la vitesse du rêve nous faisons voile ou toile, la phrase flèche plus vite que ma main, jette des mots brillants, multipliants, ah le mot météore il y a deux lignes mettait hors de moi-même mon coeur voyant,

je ne fais pas exprès de déponctuer, quand l'écriture d'elle-même m'arrive par déferlements, s'élance me mène loin devant moi, comment voulez-vous que je m'arrête d'un point,

la phrase rit et même aux larmes, elle respire plonge jaillit laboure les rives par coulées se glisse entre les lèvres des éléments, retourne l'éther en mers et les terres en scènes de résurrection

nomade inspirée du monde littoral, est-elle écrite est-elle orale, les deux indissociablement,

et c'est ce vol qui trouble les bords, haletant, mêlé de voix venues de tous les règnes, chants de la grive mémoire, rythmes irréguliers des vents, qui fait cette musique parlante dont je suis amoureus ...

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Entretien

Michel Winock © Ed. Perrin

Michel Winock : « Il ne faut pas enterrer la gauche trop vite »

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