Parlez-moi de Moix

Parlez-moi de Moix

Je ne connais pas Yann Moix. À peine nos regards se sont-ils une fois croisés alors qu'il était accroché à un bar, les muscles crispés, agrippé au comptoir comme un rescapé du Titanic.

J'ai le vague souvenir que dans ses yeux pataugeaient à la fois une grande lassitude et un profond mépris pour l'humaine nature. Mais mon attention était détournée, sans doute, par tous les grelots, la bimbeloterie et les colifichets sainte-beuviens que les critiques, les écrivains, ses ennemis et - pis - ses amis lui ont accrochés au basque depuis bientôt dix ans. Je n'ai jamais rien lu de cet écrivain auparavant. Je ne peux pas donc dire si, dans Naissance (1), il reprend, recycle, revisite des parties de ses ouvrages (j'emploie le mot à dessein : il le déteste) passés. Et pour tout dire, je m'en moque. Je ne vois pas au nom de quelle autorité les lecteurs devraient passer un examen qui les rendrait aptes ou non au service littéraire.

Je me moque aussi des bons mots qui vont accompagner la publication d'un livre de 1150 pages, et qui vont tous tourner autour du poids et de la somme ou de l'ego d'un auteur qui nomme son roman Naissance (en parlant de la sie ...

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