Paris perdu

Paris perdu

Le passé, voilà l'ennemi, prêchent les tenants d'une société sans avenir.

« Je viens d'un monde où quelque chose a dérapé. Où un tournant a été mal pris. Si je pouvais retourner en arrière, je ne saurais pas repérer le carrefour où les choses se sont engagées dans la mauvaise direction. » Trop tard : on ne réécrit pas l'histoire. Ou plutôt si, a fortiori dans Destruction, le récit de Cécile Wajsbrot, puisqu'il s'agit d'une dystopie, de l'avènement imaginé d'un monde que personne n'a voulu et que chacun a accepté, reclus dans le confort de son indifférence. Quel est-il, ce monde nouveau ? Une société aux mains de gouvernants aux objectifs nébuleux, dont la confiance en l'avenir est telle que, du passé, ils font table rase.

Tout regard en arrière est en voie d'extinction, mettant en pratique le vers de Baudelaire : « La forme d'une ville change plus vite, hélas ! que le coeur d'un mortel. » Même les défunts sont priés de se faire oublier : « Pas de noms sur les tombes, plus de tombes, des cendres dispersées dans l'anonymat. »

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