Paressez en paix

Paressez en paix

L' Homo faber a vécu. Place à l'Homo ludens. Après tant de vain labeur s'ouvre le règne du repos. Mais l'art de ne rien faire n'est pas si facile. Malgré l'avènement des loisirs de masse et l'invention des RTT, une agitation extrême gouverne ce monde, et le temps libre demeure cadenassé par les rythmes sociaux. Le salut passe par une ultime conquête : celle de la paresse. Philosophes, esthètes et révolutionnaires ont montré les richesses de cet état propice à une sage inaction. Ainsi Socrate, assis au bord de l'eau, vantant le charme de l'ombre ; Lao-tseu, au sortir de son bain, se laissant porter tel un nouveau né sur la voie du non-agir ; Baudelaire célébrant la « féconde paresse » et les « infinis bercements du loisir embaumé » ; ou encore, puisque l'oisiveté est aussi un acte de résistance, Paul Lafargue dénonçant le vice du travail et revendiquant un temps enfin libéré. Bienheureuse paresse ! Rêvons à Oblomov passant une journée entière à essayer de se lever, au ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé