Pacte avec un jeune loup

Pacte avec un jeune loup

Retrouvant chez Truffaut l'ardeur juvénile de Radiguet, Cocteau le soutient avec affection. Tacticien efficace et vite autonome, le cinéaste aidera en retour le mage désargenté.

Tout le monde a en mémoire le Festival de Cannes 1959 et l'anecdote qui a transformé en icône cet événement : sur les marches du palais, le 4 mai 1959, Jean Cocteau protège paternellement le jeune François Truffaut, dont le film Les Quatre Cents Coups, retenu in extremis par le comité du festival, bénéficie d'une projection officielle qui lui vaut un triomphe public (1). L'ancienne génération parraine la jeune, encore fragile ; les avant-gardes se tendent la main par-dessus les décennies en enjambant l'insignifiant « cinéma de la qualité française ». Cette belle image d'Épinal contient une part de vérité, comme toujours, mais les rapports entre Cocteau et Truffaut ne s'y réduisent pas. Ils furent moins directs qu'on ne le raconte, et les relations entre leurs cinémas moins évidentes qu'il n'y paraît.

Au Festival du film maudit

Leurs rapports s'inscrivent sous le signe de la fidélité, mais ils ont commencé sur un registre doux-amer e ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

S'abonner au magazine

S'abonner au magazine