Père qui roule

Père qui roule

Comment résister au chaos lorsque son géniteur prend la figure du Minotaure ?

Un père insomniaque roule à l'aube dans les rues de Paris avec sa fille de 5 ans qui ne dort pas non plus. Quelle toxique complicité peut bien lier ces deux êtres tourmentés ? Il n'y a pas de bons pères, nous disait Sartre dans Les Mots. Car il est celui qui doit s'inventer parmi les brumes inquiétantes de la filiation. Celui-ci le fait dans la violence et les cris, dans la guerre. Un Minotaure insaisissable, « un roi pulsionnel qui protège et punit, crée et détruit », à l'emprise duquel sa fille, l'autrice, tente d'échapper dans le labyrinthe familial. Dans l'insécurité, la honte et le déni, l'enfant résiste au chaos, tel un K miniature dans Le Procès, toujours coupable. Au fil des pages se dessine le portrait d'un homme cultivé - Les Âmes mortes sont son livre de chevet - en rage contre lui-même, et dont la propre enfance est un abîme. Et pourtant il a réussi, il est traducteur-dialoguiste à la 20th Century Fox. L'enfant voit défiler chez elle de grands ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard