Orsenna, l'oeil de Colomb

Orsenna, l'oeil de Colomb

L'entreprise des Indes, qui donne titre au roman et donna jadis une demi-preuve de la rotondité de la Terre, est celle de Christophe Colomb. Mais, lorsque le livre s'ouvre, il n'est déjà plus question d'entreprendre, il est peut-être même temps de cesser de persévérer, de regretter d'avoir espéré. Dix-neuf ans jour pour jour ont passé depuis la nuit de Noël 1492 quand la Santa-Maria vint s'échouer sur les côtes d'Haïti, Christophe est persuadé d'avoir atteint le Japon, lorsque son frère Bartolomeo commence le récit qui est ici rapporté : il s'adresse à deux dominicains, Las Casas et son scribe Jérôme. Las Casas vit à Saint-Domingue depuis quelques années, il n'est pas encore le défenseur emblématique des indigènes, il vient d'être ordonné prêtre et, tout comme Bartolomeo Colomb, il a entendu voici quatre jours le premier sermon du frère Antonio de Montesinos 21 décembre 1511 : « Je suis la voix du Christ qui crie dans le désert de cette île, cette voix vous dit que vous êtes tous en ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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