Odyssée en mode Mineur

Odyssée en mode Mineur

Le Pulitzer 2018 le mérite bien. Ce road-book parle, non sans dérision, d'industrie littéraire, d'amours homosexuelles et d'écrivain de seconde zone.

C'est l'histoire d'un écrivain gay qui, la cinquantaine approchant, dresse un bilan de sa vie et... Stop. Un écrivain, la littérature homosexuelle, le petit monde des intellectuels : ne nageons-nous pas dans le cliché ? Bien sûr. C'est fait exprès. À un moment, le héros, Arthur Mineur (Arthur Less dans la version anglaise, d'où le titre : Less), décrit son dernier manuscrit rejeté par son éditeur. « C'était l'histoire d'un homosexuel plus très jeune, qui déambulait dans San Francisco. Et puis, vous savez, ses... ses chagrins... » Réaction de son interlocutrice : « Arthur. Désolée de vous dire ça. C'est un peu difficile de ressentir de l'empathie pour un type comme ça. » Voici donc le défi de l'auteur des Confessions de Max Tivoli (l'Olivier, 2006) : susciter l'empathie pour Arthur Mineur, un personnage narcissique et délicat qu'on n'a a priori pas envie de plaindre.

Andrew Sean Greer explique dans les interviews qu'il a commencé d'écrire s ...

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