Obsédés formels

Obsédés formels

Souvent réduit à un simple jeu conceptuel, le formalisme ne serait-il pas un moyen détourné d'exercer sa libido ?

Réduire une personne à une chose : définition basique de la perversion. Est-ce que ça compte quand on confond une personne et une image ? Sans doute si on considère une image comme une chose - si on la contemple moins qu'on ne l'utilise, l'instrumente, la tripote. Nous passons bien nos journées à manipuler des images sur nos écrans - entre autres ceux de nos téléphones mobiles, toujours disponibles dans notre poche, à mi-chemin entre le doudou et le sex toy. Le théoricien américain W.J.T. Mitchell (1) note à juste titre que nous envisageons désormais les images, tour à tour ou simultanément, comme des idoles et des fétiches (ce que la pornographie manifeste exemplairement) : tournant en flux ininterrompus, les images nous happent tout en étant nos esclaves bonnes à tout faire, à défouler toutes nos projections et pulsions. Autrement dit, nous n'avons plus, peut-être, que des usages pervers des images - dès lors qu'elles n'ont plus pour vocation p ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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