Nuit d'encre sur La Pléiade

Nuit d'encre sur La Pléiade

Si, avec Sade, ce fut à l'enfer, celui des corps et des bibliothèques, d'imprimer sa marque sur le papier bible de La Pléiade, avec Frankenstein et autres romans gothiques, c'est à la nuit d'envahir l'auguste « Bibliothèque », d'y faire flotter un parfum de caveau, de la faire retentir de cris soudains ou d'un cliquetis de chaîne, et de nous livrer ainsi un véritable bréviaire de la peur, apte à dire et à redire les hautes « Heures » de la terreur préromantique. Un volume qui figure une étape majeure dans l'histoire de l'approche critique et universitaire du roman gothique anglais. Histoire marquée, dès 1915, par Le Roman noir ou roman terrifiant, d'Alice Killen, thèse pionnière qui, rééditée en 1924 par Champion, mit André Breton sur la piste du château d'Otrante et généra ainsi les lectures surréalistes du roman gothique, celles d'Éluard, de Péret, de Desnos, du sadéen Maurice Heine, ou la transfiguration artaudienne du Moine. Une marche de nuit parache ...

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