Nuit de cristal et train de nuit

Nuit de cristal et train de nuit

Deux auteurs marqués par la Shoah dans leur histoire familiale y font retour par des voies non balisées.

L'injonction de Theodor Adorno, philosophe de l'école de Francfort, frappant d'inanité toute poésie et, plus largement, toute foi en l'art après Auschwitz, a depuis longtemps volé en éclats. Depuis le jour de mai 1945 où Paul Celan, Juif roumain rescapé, compose dans l'idiome des tueurs sa Todesfuge (« Fugue de mort »), poème épitaphe à ses parents exterminés par les nazis.

On ne compte plus à présent les publications de récits sur les camps de la mort, ni les fictions qu'ils ont engendrées. À l'heure où le nombre des témoins directs s'amenuise comme peau de chagrin, deux auteurs, marqués dans leur histoire familiale par la Shoah, ont choisi des voies non balisées pour y faire retour. Hélène Cixous relate le désastre dans une narration a-chronologique, au prisme de la Nuit de cristal de 1938 à Osnabrück, en Basse-Saxe, ville d'où sa famille maternelle est originaire. L'auteur de théâtre Jean-Claude Grumberg, dont le père a été arrêté sous ses yeux puis déporté, a, l ...

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