Nouvelles prises

Nouvelles prises

Un gant en latex boudine la main du tueur, et la victime se fait une remarque : c'est effrayant la façon qu'a cette membrane transparente d'écraser les poils noirs sur la peau. Bien qu'anecdotique, cette image cristallise les tensions qui s'affrontent dans le roman de Paul Harper. En surface tout semble lisse : les femmes sont riches et belles, élégamment vêtues et - étonnant détail - personne ne conduit des voitures, mais des Mercedes, des Range Rover. Pourtant, tapis sous ces apparences satinées, les fantasmes s'agitent comme dans un bocal trop petit. Fragile coeur de verre... C'est ce qu'a compris le tueur ; il suffit de trouver la bonne dose, et voilà l'arme parfaite : l'inavouable fascination perverse. En grattant un peu le vernis d'une paire de desperate housewives, Paul Harper révèle le malaise profond d'une Amérique qui porte en elle sa propre mort.

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

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