Nous ne sommes pas seuls au monde

Nous ne sommes pas seuls au monde

Le temps du divorce touche à sa fin, et il nous faut désormais penser les termes d'un (re)mariage. Pendant des siècles, l'homme occidental fut le célibataire le plus endurci de la création. Il s'est coupé du vivant qui l'entourait. Entre lui et l'animal, il a postulé un gouffre aussi profond que celui qui le sépare de Dieu : une distinction de nature et non de degrés. Nos modes de production, de consommation, d'alimentation, de vie : tout ou presque découle de ce postulat originel. Voici l'immuable ordre des êtres et des choses auquel s'attaque l'irruption de la cause animale dans l'espace public.

Ses premiers activistes paraissaient loufoques aux yeux d'une large majorité d'entre nous. Ils passaient au mieux pour de gentils hurluberlus, au pis pour des fous dangereux. Il s'agissait, disait-on, d'une mode passagère. En réalité, une immense révolution philosophique, éthique, politique dont on est encore loin de percevoir toutes les implications était en gestation.

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