Nos ennemies les bêtes

Nos ennemies les bêtes

Les animaux du cirque se sont échappés, la population, menacée, tremble et disserte. Une fable incroyable à dévorer crue.

Il avait pourtant tout bien fait comme il faut, le gardien du cirque : « Ce n'est pas possible que j'aie oublié de refermer, j'ai fait l'eau, la paille, un coup de râteau sur la merde, un coup sur le bas des planches, j'ai regardé ce qu'il y avait qui traînait comme os, j'ai fermé et je suis rentré manger ma soupe. » Bernique ! Les lions sont lâchés, ils rôdent dans la ville, tout comme les tigres et autres fauves de grand appétit. Tel est le motif de Grands carnivores de Bertrand Belin, compositeur et chanteur de son état, romancier aussi, puisqu'on lui doit déjà Requin (2015) et Littoral (2016), deux brefs récits soliloqués d'une acuité trempée dans l'humour à froid.

La ville menacée d'être bouffée toute crue est aussi indécise que déplaisante. Y règne sur une foule de prolétaires harassés un « asservisseur patenté » secondé par un « récemment promu » qui mène avec vice une usine de boulons, rongé qu'il est par la haine qu'il voue à son frère art ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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