Noir sang pour sang

Noir sang pour sang

Chester himes fut l'un des grands écrivains de polar des années 1950-1960. Sous sa plume, le ghetto noir de Harlem devint le lieu de l'universelle tragi-comédie humaine.

Dans les années 1920, se rappelle Chester Himes, Harlem passait pour une ville joyeuse où les Blancs venaient se divertir, où tout le monde était toqué de jazz. Lorsqu'il y revient, un quart de siècle plus tard, le quartier nègre de New York est devenu une marmite brûlante pleine de tripes de cultures. On y plonge le bras, écrira Chester, « on en retire un moignon ». Un vrai polar, ça trempe forcément dans un bouillon de culture. Harlem mijote sans que, romancier inconnu, détesté des Américains blancs et blacks, il sache encore bien comment en accommoder les ingrédients. Exilé volontaire en Europe, tant il n'en peut plus du racisme, sans amis, sans argent, sceptique et franc - « J'écris pour gagner de l'argent » -, Chester Himes admire Faulkner et déteste les théoriciens de tout acabit. Maurice Nadeau publie sans succès La Croisade de Lee Gordon. Les idées ni les sentiments ne font de bonne littérature.

Un jour, Marcel Duhamel le rencontre et lui dema ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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