Le Leopardi, animal farouche

Le Leopardi, animal farouche

« On sait qu'une grande douleur - comme toute grande passion - n'a pas de langage extérieur. » Malgré cet aveu d'impuissance de Leopardi lui-même, comment le poète peut-il chanter le désenchantement et, par extension, comment un cinéaste peut-il filmer la vie du poète de l'infelicità ? En somme, quelle voix et quel corps donner à un sentiment qui résiste à toute forme d'extériorisation ou d'incarnation ? D'abord en ne discréditant pas pour autant la puissance de l'incarnation ; ainsi que le fait Mario Martone dans son biopic du poète italien, porté de bout en bout sur les épaules voûtées de l'interprète principal, Elio Germano, poussant l'imitation de son modèle bossu et cacochyme jusqu'à l'acharnement. Et cela dans les deux sens du terme : à la fois l'opiniâtreté et, plus proche de l'étymologie, la volonté de donner le goût d'une chair - celle d'un ascète maladif, grevée de souffrances et hermétique à tout principe de plaisir.

Le réalisateur vise aussi à sa manière ...

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Entretien

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