Ni Dieu ni raison

Ni Dieu ni raison

En dehors de tout système, Camus a tenté de rendre compte des contradictions d'un monde tourmenté.

il ne s'agit pas de ce que je suis, mais de ce que, selon la doctrine ou la tactique, il faut que je sois. » C'est ce que Camus répondit en 1952 à Georges Cogniot, qui l'avait qualifié de « fasciste ». L'épithète était alors à la mode chez les communistes désireux de disqualifier à peu de frais quiconque ne pensait pas dans les clous, comme celle de « bolchevique » l'était chez les partisans de l'autre bloc, dans un contexte de guerre froide et de bipolarisation de l'intelligentsia française où le non-alignement valait aveu d'allégeance à l'ennemi et où le manichéisme était la règle. À en juger par la réception de l'oeuvre camusienne, hier comme aujourd'hui, cette réplique sonne comme un diagnostic particulièrement bien senti.

Un penseur de la limite et de la nuance, méfiant envers l'esprit partisan comme envers l'esprit de système, pouvait-il être perçu autrement que comme un « filousophe » et un idéaliste incapable de se donner les moyens d'honorer ses principes ?

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