Naufrages collatéraux

Naufrages collatéraux

Il suffit d'une année pour briser une vie, des vies. Ils sont cinq, anéantis par la guerre que fit Jack.

On ne guérit pas de la guerre ; le passé est une blessure à ciel ouvert. « Une année de merde sur quarante-quatre, puis une vie entière à dormir quatre heures par nuit. » Ce livre voudrait se tourner vers l'avenir. Vers quoi ?

Nous sommes en 1990, le jour de la Saint-Sylvestre, en Australie. Jack Burroughs, vétéran du Vietnam, brute et martyr, a quitté, comme souvent, le domicile familial. Cette fois, tout indique qu'il ne reviendra pas. Belle, sa chienne, a été réduite en charpie. Par « une forme brune [se coulant] dans les prés, [peut-être, et] longeant les brise-vent ». Chacun, à la maison, tente de composer avec l'absence. Cinq personnages, six chapitres. Ruby, 12 ans, lèche ses plaies tel un chat tremblotant. C'est elle, à la seconde personne, qui ouvre et ferme ce roman mausolée. « Certaines nuits, au lieu de rêver pour de vrai, tu ouvriras les rideaux et tu scruteras l'obscurité. » Lani, l'aînée, couche avec le premier venu et se perd dans des plaisirs destruc ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard