Nature humaine, trop humaine

Nature humaine, trop humaine

Il faut une habileté de contorsionniste pour transformer Nietzsche en proto-écologiste. Certains exégètes y parviennent.

l'un des effets remarquables de l'émergence du courant anglo-saxon d'éthique environnementale dans les années 1970 est qu'il aura conduit à une relecture totale de la philosophie occidentale. Mais certains auteurs semblent avoir opposé une sourde résistance à toute appropriation, comme si quelque chose dans leur pensée contestait le projet d'une philosophie de l'environnement. Tel est le cas de Nietzsche, sur lequel les travaux, relativement peu nombreux, ne datent que du début des années 1990.

Il est difficile de réprimer le sentiment que Nietzsche, écrivant à la fin du XIXe siècle, se serait montré probablement critique à l'endroit de l'inspiration anti-anthropocentrique de nombre de discours contemporains. Comme le dit Michael Zimmerman (1), sa réflexion le portait à se soucier de la nature humaine beaucoup plus que de la nature biosphérique, et l'un de ses défis majeurs était de prévenir la dégénérescence et le nihilisme, et non pas d'empêcher la ...

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Entretien

Michel Winock © Ed. Perrin

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