Nathalie Sarraute, Enfance

Nathalie Sarraute, Enfance

« Alors, tu vas vraiment faire ça ? "Évoquer tes souvenirs d'enfance"... » Évoquer, de même que dépeindre, est un de ces mots chargés d'onction et de vulgarité qui collent depuis trop longtemps à la chose littéraire pour ne pas susciter chez un écrivain - et à plus forte raison chez un écrivain dont l'oeuvre est fondée sur la suspicion à l'égard des conventions d'écriture - un haut-le-coeur. Ce n'est évidemment pas par hasard que, dès la première ligne de son livre, Nathalie Sarraute débusque la formule légèrement obscène qui résume son propos. Car Enfance n'est pas seulement un livre sur l'enfance et les souvenirs qu'elle laisse, mais aussi un livre sur les tares inhérentes au souvenir. La mémoire n'offre rien qui soit à la fois plus poignant et plus galvaudé que l'enfance. Pour les écrivains, c'est souvent l'écueil de la subjectivité la plus primaire, de l'hyperbole mièvre, de l'ineffable confus, bref, de la complaisance.

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