Nathalie Sarraute : discrétion assurée

Nathalie Sarraute : discrétion assurée

Mère ou plutôt grand-mère du Nouveau Roman des années 1950-1970, Nathalie Sarraute (1900-1999) en a jeté les bases dans ses Tropismes avant de le théoriser en 1956 dans L'Ère du soupçon. Vingt ans après sa mort, la parution d'une passionnante biographie à l'anglo-saxonne, patiente et informée, revient sur le parcours d'une écrivaine, mais aussi sur un mouvement décrié. À juste titre ?

formaliste, abstrait, fermé sur lui-même, préférant « l'aventure d'une écriture » à « l'écriture de l'aventure », selon une opposition restée célèbre de Jean Ricardou, le Nouveau Roman a mauvaise presse. S'il est un point de repère commode pour l'histoire littéraire et un symbole à l'étranger, il serait une impasse à laquelle on devrait la marginalisation du roman français, qui aurait été supplanté depuis dans nos coeurs par le storytelling de la littérature américaine et latino-américaine. Malgré une période de « retour au récit » inaugurée depuis les années 1980 après la mort des théoriciens Sartre, Barthes, Foucault, Lacan, malgré les romanciers du territoire, les écrivains du réel, les arpenteurs du social, les explorations de l'autofiction, malgré les prix Nobel de Le Clézio et Modiano, le roman français contemporain ne serait pas totalement sorti de « l'ère du soupçon ». Une mauvaise conscience politique, une passion pour la réflexivité, un tropisme intellect ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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