NAPOLÉON ET SON DOUBLE

NAPOLÉON ET SON DOUBLE

Comment Stendhal, républicain convaincu qui abhorrait l'absolutisme, put-il admirer Napoléon ? Sans doute détestait-il le tyran, mais il estimait l'esprit d'audace, de conquête et de nouveauté qui animait l'Empereur.

Si Napoléon fut « la révolution à cheval », on peut soutenir qu'il y eut en l'affaire plus de cheval que de révolution - dans le sens précis que l'histoire a donné depuis deux siècles à ce vocable. Et si Henri Beyle fut le bon fonctionnaire de trois monarchies - celle des Bonaparte, celle des Bourbons et celle des Orléans - il n'aura cessé, dans ses oeuvres intimes, d'affirmer des idées républicaines et son horreur de l'absolutisme - qui forment la toile de fond de ses oeuvres d'imagination. Ce qui donne une particulière saveur à sa relation, pour l'essentiel admirative qu'il entretient avec ce qu'on appellera, pour simplifier, le phénomène Napoléon - homme et histoire.

Cette « affaire Napoléon - Stendhal » est, dans l'ordre des faits, de la Terreur à Sainte-Hélène, un tissu de contradictions. L'étudiant grenoblois, ardent républicain, porte aux nues le jeune général qui noie dans le sang l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire et, de Lodi à Campoformio, vendange les princ ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard